Ecrire pour ne pas enfouir

Il y a un moment maintenant j’ai trouvé un article de  Zozomum et cie.

http://www.jardinsecret2zozo.com/hyperfertilite-fecondite/

Je me suis sentie moins seule. Nos problèmes respectifs sont comme le ying et le yang, le chaud et le froid, bref deux total opposés.

Deux opposés qui nous apportent souffrance physique et souffrance psychologique.

La nature diront certains ; dieu pour diront d’autres ; le sort pourrait-on rajouter. Seulement quelque soit le nom que l’on veut bien lui donner et quelque soit la situation qui nous accable, le résultat est bien là.

Dans les deux cas, nous rencontrons les mêmes réactions qui nous font nous sentir si mal et nous tire vers le doute, la culpabilité.

Pour toute personne ne rencontrons aucune difficulté de procréation, il est quasi impossible de comprendre. Et à l’inverse, il n’y a pas assez de mots pour expliquer ce que nous traversons.

Et puis d’une personne à l’autre, ne voulons ou ne pouvons pas échanger sur ce que nous vivons.

Bien maintenant fini de parler de manière générale. Je vais parler de ma situation.

Je dois écrire certaines choses pour ne pas les enfouir et qu’elles me rongent. Je fait face chaque jour à mon quotidien qui me paraît vide. Vide de rires d’enfants, vive de pleurs d’enfants, vide de leur joie naïve. Ils apportent spontanéité, candeur et légèreté dans nos vies d’adultes.

Je me plonge avec tellement de bonheur dans les yeux de mon neveu. Son regard innocent qui découvre à chaque minute une nouvelle parcelle du monde qui l’entoure m’émerveille.

Je ne sais pas ce que le futur me réserve, et quand bien même il me serait possible de le connaître, est-ce que je voudrais connaître les prochaines cartes que j’aurais en mains ?

Chaque jour, de nouvelles vies apparaissent et disparaissent. Je me surprends parfois à lancer vers l’inconnu une sorte de prière muette pour recevoir la chance qu’un enfant vienne embellir notre vie. Moi qui suis si profondément athée, j’ai envie de croire parfois qu’une entité bienveillante veille sur moi. Et que lorsque le moment sera venu, elle m’accordera ce que mon cœur désire si ardemment.

 

 

Une année de plus 

Ces mots si doux je désespère parfois de pouvoir les prononcer. On nous dit de toujours espérer, qu’il y a toujours de l’espoir. Mais voila le temps s’écoule et émousse notre détermination. Je m’accroche à chaque petite parcelle d’espoir et de bonheur au pont que parfois mon cœur et au bord de l’implosion. Les fêtes arrivent. Une année de plus s’est écoulée. Avec ses hauts et ses bas, ses doutes et ses déceptions. Période très difficiles car une énième tentative est la. Mais aussi et surtout parce qu’il y’a un an de cela je portais une vie en moi et qu’elle nous a été reprise. Alors je m’agrippe à mon espoir d’enfin devenir maman.p

INVISIBLES

Voilà plus de 4 mois que je n’ai rien écrit.

Deux nouvelles déceptions sont venues s’ajouter aux autres le 13 juin et le 6 octobre dernier.

Ces énièmes tentatives infructueuses m’ont laissé vide et amer.

Au point que j’ai mis un bon mois avant de me décider à retourner voir le gynécologue au mois de juillet.

Ma déception était trop grande.

 

Mi-juillet, le gynécologue m’a proposé de changer de protocole, enfin une partie tout du moins. Seulement l’injection de stimulation en fait. Mais cela pourrait faire toute la différence selon lui. C’est le MENOPUR ; il conviendrait mieux aux femmes qui ne réagissent pas correctement avec le GONAL F.

Une lueur d’ESPOIR …

 

Alors nous nous sommes donné un peu de temps pour digérer cet échec ; le centre de PMA fermant pour l’été et nos vacances n’étant qu’à la fin août, le moment pour faire une pause était tout trouvé.

Durant l’été, mes émotions ont été misent à rude épreuve. Et j’ai oscillé entre joie intense et vide atroce.

Le jour de la fête de la musique, au alentour de 13h, je suis devenue TATA.

Je ne suis pas sûre d’arriver à trouver les mots pour décrire le « grand huit » émotionnel que j’ai alors traversé durant cette journée. Et encore aujourd’hui, je dois faire face à ce yoyo infernal qui me tombe dessus sans prévenir.

C’est un mélange étrange et inextricable de joie, de bonheur intense, de tristesse, de doute, de colère, de dépit et d’amour.

Ne vous y trompez pas, partager des moments avec ma belle-sœur et mon neveu m’est précieux, extrêmement précieux. C’est même parfois un besoin. Car ces moments ne sont qu’amour et tendresse. Et j’arrive à échanger assez facilement ma belle-sœur chérie.

Nous avons profité de nos vacances en partant quelques jours à Doué-la-Fontaine avec au programme uniquement de la détente et des visites tranquilles : Bioparc, roseraie, lecture au bord de la piscine de notre hôtel …

J’ai du pendant l’été passer à travers plusieurs poussées de fibromyalgie ; des douleurs, de la fatigue, beaucoup de fatigue et des soucis intestinaux très douloureux. J’ai essayé de me soulager tant bien que mal mais malheureusement sans grand succès.

Nous devons nous battre contre ces deux affections invisibles que sont la fibromyalgie et les problèmes de fertilité. Invisibles et de ce fait si difficiles à appréhender, à expliquer, à gérer …

Et puis fin août, après nos vacances, je me suis sentie à nouveau prête. Prête à redémarrer un nouveau protocole. J’ai plaçais dans ce nouveau protocole tous mes espoirs.

Effectivement, cela a été différent ; premièrement du fait que j’ai ressenti moins de fatigue durant la période de stimulation, deuxièmement parce que dès les premiers jours les symptômes de la fibromyalgie se sont apaisés et troisièmement le résultat de ce nouveau protocole a été plus concluant puisque nous avons enfin pû obtenir plusieurs embryons qui ont pu être congelés.

Ce qui veux dire pour moi un peu de répit avant la prochaine stimulation, car nous pourrons bénéficier d’un ou deux transferts d’embryons avant de devoir à nouveau ponctionner d’autres ovocytes. Ce qui en soit et déjà une immense victoire puisqu’aucune congélation n’avait pu être réalisée pour le moment.

Tout cela m’avait fait penser que cette fois-ci était différente, à part, et que cela allait fonctionner. Mais cette fois encore, la déception d’ouvrir un premier résultat de BétaHCG négatif nous a assommé.

Je me suis sentie comme groggy, vide d’un seul coup … pas une larme sur le moment comme si cette page internet que je lisais était irréelle.

Je me trouvais chez une amie et j’ai même du lui demander de relire la document pour moi ; comme si il se trouvais être écrit dans une langue étrangère que je ne pouvais traduire.

Je suis rentrée chez moi et je n’ai réalisé ce qui se passait que lorsque mon homme est rentré de son travail.

Il s’est approché de moi (comme un fantôme, je m’étais mise à repasser mon linge parce qu’il me fallait sur le moment occuper mes mains à quelque chose) et m’a pris dans ses bras …. D’un seul coup, je me suis effondrée, sans pouvoir m’arrêter.

 

Au moment où j’écris ses lignes, ma gorge se serre, j’ai une boule dans la poitrine … je ne peux pas mettre de mots sur la tristesse qui m’enveloppe dans ses instants. C’est immense … on s’y perd … on ne voit que cela … tout le reste n’a aucune importance.

 

Avec le recul de quelques jours, la douleur est moins intense mis toujours omniprésente. Par exemple aujourd’hui, j’ai voulu me changer les idées en allant à un salon du livre. Tout se passait bien, j’avais pu participer à un débat très intéressant et enrichissant avec des auteurs (entre autre Bernard WERBER et Jean-Baptiste DEL AMO) mais en ressortant du débat et en déambulant dans les allées du salon par la suite, j’ai du fuir. Mon regard est tombé sur une puis deux puis trois puis sans arrêt sur des femmes enceintes et alors j’ai fuit. J’ai fuit de toutes mes forces jusqu’au parking où j’avais garé ma voiture, le nez sur mon portable pour ne surtout pas en voir d’autres. Une fois assise dans ma voiture, je me suis sentie mieux comme en sécurité dans ma bulle. Et j’ai pu rentrer posément.

Mais ce sentiment que j’ai ressentie dans les allées du salon était tellement intense que je n’ai pu que prendre mes jambes à mon cou.

 

J’aimerais arriver à prendre de la distance pour ne pas perdre pied ainsi mais comment faire ??

 

Le jour même du résultat, dans le quart d’heure qui a suivit d’ailleurs, j’ai repris rendez-vous avec mon gynécologue. Je ne me suis même pas posée la question cela me paraissait évident. Deux autres embryons nous attendent cette fois-ci. Cette situation ne s’étant jamais présentée, je ne sais pas comment va se dérouler la suite.

 

Nous avons maintenant de nombreuses questions qui se posent à nous. Quel chemin allons nous prendre pour la suite ? Cet été nous nous sommes renseigné sur l’adoption ; le dossier est arrivé par courrier. Allons-nous le remplir ?

 

Atroce Attente

Hier, je suis ressortie de la clinique avec la boule au ventre. Seulement trois ovocytes de ponctionné et peut-être deux de fécondés.

Aujourd’hui l’appel du laboratoire n’a pu dissiper cette boule d’angoisse. un ovule est fécondé, le second sans certitude et le troisième n’est pas fécondé. En accord avec la biologiste et le gynécologue, nous allons attendre d’être à J6 pour faire l’implantation; enfin si il y a implantation car rien ne peux nous assurer que l’un des deux embryons se développera.

Alors l’attente commence. Les deux fois où les embryons avaient été gardés, cela n’avait rien donné. Alors cette fois-ci ce sera peut-être différent … qui sait.

Je ne sais plus comment remplir cette attente; dois-je seulement la remplir ? Chaque chose que j’entreprend me parait vide de sens. Mais il faut avancer.

H-10 

Et voilà, j’arrive au terme de ma 4ème FIV. 

Cela m’a paru à la fois si long et si court. 

Demain à 9h, je serais au bloc opératoire pour la ponction de mes précieux ovocytes. 

Physiquement, je suis très fatiguée et psychologiquement … Et bien je ne sais pas trop. Je suis perdue. 

J’ai tellement peur d’être à nouveau brisée comme au mois de janvier que j’essaye de me forger une carapace mais elle me paraît bien fine. 

Heureusement, j’ai le soutien d’amie et de mes proches même si parfois certains sont maladroits. Je ne leur en veux pas. C’est le genre de situation qui ne peux être pleinement comprise que si elle a déjà été vécue par la personne. Et encore, chacun vit les choses à sa manière. 

Moi et mon homme auront une première réponse dans deux semaines. Je dis moi et mon homme mais en même temps je sais que je serais incapable de garder cette réponse secrète durant très longtemps. Car positive ou négative, tout secret autour de ce sujet me ronge et je ne peux que le partager. 

Aujourd’hui c’est jour de bilan !!

Parce qu’une fois de temps en temps, regarder en arrière et voir à quel point nous avons avancé, évolué, nous permet de mesurer pleinement nos progrès.

Chaque jour, chaque petite chose du quotidien nous fait prendre des décisions qui oriente le chemin que nous empruntons. Parfois ce chemin est tortueux, semé d’embuches et loin d’être le plus fréquenté. Selon moi nous devons apprendre de notre passé et nous en servir pour ne pas reproduire le même schéma, surtout si il ne fonctionne pas.

Aujourd’hui je couche sur cette page ce qui est ressorti de ma réflexion qui s’est faite par moment seule mais aussi en échangeant avec une Doula qui nous suit depuis un an environ.

Le début d’année a été difficile mais me voilà de nouveau debout ; changée et debout. Je fais de nouveau des projets. J’ai commencé à faire la décoration de la chambre d’enfant. Cette chambre prend petit à petit sa fonction dans la maison. J’ai des idées de customisation de meuble.

J’ai bien envie de m’attaquer à la décoration de notre propre chambre durant cette année.

J’ai enfin franchit le pas pour ma cuisine aussi ; fini les bouts de cordes pour ouvrir les placards ; j’ai acheté peinture et poignées de portes pour rénover cette pièce.

Je me lance dans le jardinage de manière plus sérieuse; je vais me faire un potager.

Cette année pour la première fois depuis de nombreuses années, six années (en fait depuis notre mariage), nous allons avoir des vacances en couple. Ça me fait bizarre de pouvoir envisager de partir en vacances. On va sûrement partir voir de la famille que nous n’avons pu voir depuis un bon moment et qui nous manque tant.

Je ne pensais pas me relever si vite. Seulement trois mois ce sont écoulés depuis (j’arrive à le dire maintenant) ma fausse couche. Et en ce mois d’avril, nous avons décidé avec mon homme de retenter une FIV. FIV qui n’en aura finalement pas était une, puisque j’ai fait la phase stimulation mais je n’ai pas réagis comme espéré. Seulement deux ovocytes étaient prêts. Le déclenchement de l’ovulation a tout de même était fait avec la « joie » des rapports programmés par la suite.

Mais depuis 24h mes douleurs abdominales et mes saignements ne laissent aucun doute. Nos petites cellules ne se sont pas trouvées.

 

Durant ces trois premiers mois de l’année, en y repensant à aucun moment je n’ai ressentit le besoin ou l’envie de partager, de parler de cet événement avec mes parents ou mes sœurs.

Je crois que j’ai enfin réussi à faire le deuil de ces relations familiales qui me détruisaient. J’ai enfin accepté pleinement le fait que je n’étais pas obligée d’aimer chaque membre de ma famille biologique. Je suis capable de prendre de la distance et de me protéger.

En plus de ma FC nous avons à gérer le harcèlement au travail que subissait mon homme. Ça aussi nous l’avons affronté et nous sommes passés à autre chose. Changement d’employeur et de lieu de travail fin mars pour redémarrer du bon pied.

Et puis mes 30 ans que j’ai eu beaucoup de mal à accepter en février et bien nous allons les fêter. Mes 30 ans, ceux de mon homme et les 25 ans de ma petite belle-sœur adorée qui va faire de moi une tata.

Je me plonge dans chaque instant de bonheur et j’avance … coûte que coûte. Alors oui j’ai mes moments de blues ; mon regard se perd dans le vague ; je repense à cette vie que mon corps a abrité durant quelques semaines et puis ma chienne vient fourrer sa grosse truffe dans ma main pour me distraire et la vie continue.

La 2ème FIV c’était aussi …

Parce que les FIV peuvent être décrites sous différents angles, cette fois-ci j’ai choisis une vision assez pragmatique ; sans doute parce que j’ai besoin de mettre de la distance avec cette seconde tentative.

Alors j’ai choisis de chiffrer.

chiffrage

Parce qu’en dehors de émotions intenses de joie et de tristesse, il y a ces longs moments d’attente au laboratoire et chez le gynécologue, les tickets de file d’attente, les tickets de parking, les prises de sang et les échographies (endovaginales) …..

 

Donc pour cette seconde FIV, il y a eu :

  • 10 tickets de parking parce que la seule clinique au Mans s’occupant de PMA a un parking PAYANT !!!
  • 9 tickets de file d’attente au laboratoire
  • 1 bracelet d’identification pour le bloc opératoire

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  • 1H 50min d’attente au laboratoire, merci à la trilogie de Pancol.
  • 2 H 30min d’attente chez le gynécologue qui n’est jamais à l’heure. Je ne me sépare plus de mon roman.
  • 4 prises de sang, même plus peur, ça devient une routine !!!
  • même pas peur

 

  • 1 consultation chez l’anesthésiste de 10 minutes, prise de tension et au revoir !! Tout va bien.
  • 3 consultations chez le gynécologue ; je n’ai quasiment plus besoin de me présenter à la secrétaire.
  • 1 anesthésie générale
  • 3 échographies et bien sûr ce sont des échographies endovaginales
  • 1 hospitalisation sur une journée pour la ponction des ovocytes
  • 268 kilomètres de route.